mardi 12 novembre 2013

Nouvel aéroport de Nouakchott: De qui se moque-t-on?

L'accord pour la réalisation du nouvel aéroport de Nouakchott a été adopté au Conseil des Ministres le 13 Octobre 2011. La pose de la première pierre a eu lieu le 27 Novembre 2011. Le délai d'exécution est fixé à 24 mois. L'aéroport devrait donc être inauguré pour la fête de l'indépendance dans quelques jours. Qu'en est-il alors? Rien n'indique que ce sera le cas. Le projet nous a réservé bien des surprises et cela continue. Voyons un peu.

Le 19 Décembre 2013, Monsieur Saleck Ould Sidi Mahmoud député du parti Tawasoul a posé une question orale au Ministre de l'équipement et des transports Monsieur Yahya Ould Hademine. Le député voulait particulièrement savoir pourquoi la construction de cet aéroport se faisait de manière "opaque" et en dehors de toutes les lois en vigueur dans le pays.

Dans sa réponse le Ministre s'est contenté de faire un historique de la question d'un nouvel aéroport à Nouakchott. Mais cette réponse est hors sujet! Quel que soit l'historique de cet aéroport, la question est pourquoi aujourd'hui on passe outre toutes les lois de la République pour sa réalisation?Un autre aspect de la réponse du Ministre est que l'état est gagnant dans l'accord avec la société car il ne débourse pas d'argent, le paiement se faisant sous la forme de troc: construction de l'aéroport contre 451 ha de terrains constructibles à Nouakchott.

Cet aspect de la réponse mérite quelques commentaires:

D'abord, Monsieur le Ministre devrait savoir que les terrains à Nouakchott c'est de l'argent. La preuve en est que la société a déjà écoulé les terrains qu'elle a reçu, rubis sur l'ongle. N'était-il pas plus transparent pour l'état de vendre ces terrains au mieux offrant et d'utiliser l'argent pour payer une entreprise sélectionnée par un processus de passation des marché ordinaire? Ou est-ce trop demander?

* Ensuite, comme nous le verrons par la suite, la SNIM (c'est à dire l'état) a été obligé de fournir 15 Milliards d'Ouguiyas à la société car celle-ci malgré la vente des terrains a été incapable d'honorer ces engagements ce qui démontre que le processus d'octroi du marché était pour le moins 'obscur'.

* Enfin, Monsieur le Ministre est toujours hors sujet! Il dit simplement qu'un 'partenaire national' a été retenu par le gouvernement. Mais c'est ce qui pose problème! Le gouvernement a retenu 'ce partenaire' à la suite de quel processus et dans le cadre de quel réglementation? Un pays ce n'est pas une boutique, il y a des lois pour ce genre de transaction et dans le cas d'espèce le gouvernement les a ignoré royalement.

Par ailleurs une petite comparaison économique est utile. Le Ministre nous dis que l'état a reçu une offre d'une société Allemande pour 170 Millions d'Euros payable sur 15 ans. L'état a refusé dans notre intérêt bien sûr!

Nous n'avons pas plus de détail sur les modalités de règlement de cette somme mais pour une première approximation on peut considérer un paiement en tranche égales annuelles de 11.3 M, étalés sur 15 ans. Dans ces conditions on peut calculer, en estimant un taux d'intérêt de 10% par an, que les 170 Millions payables sur 15 ans ont pour valeur actuelle 86 Millions d'Euros*.

Or 'le partenaire national' retenu a été payé avec 451 ha. La encore on peut faire des approximations rapides pour voir la valeur de ce patrimoine. En prenant comme hypothèse très conservatrice que le prix du m2 est de 20.000 UM, les 451 ha valent alors 90 Millards d'Ouguiyas soit environ 220 Millions d'Euro. L'offre du 'partenaire national' que le Ministre nous présente comme étant un gain extraordinaire se révèle être en fait une perte sèche pour le citoyen mauritanien de 134 Millions d'Euros soit environ 53 Milliards d'Ouguiyas. Soit le double des dépenses annuelles de santé pour toute la Mauritanie. Pauvre pays!

En ce qui concerne l'aspect juridique, dans une interview avec le site Sahara Media le 2 janvier 2013, l'ancien Ministre et Wali Mohamed Ould Khlil affirme que le site de la ceinture verte offert au 'partenaire national' a été crée par un décret qui est toujours en vigueur! Comment peut-on justifier, la transformation d'une ceinture verte crée par décret en lot d'habitation vendu comme des petits pains par un commerçant?

Enfin, le 6 novembre 2013 courant, la société organise une visite de chantier pour la presse nationale. Cette visite vient après la vive polémique qu'a entraîné l'octroi par la SNIM de 15 Milliards d'Ouguiyas à la société. S'exprimant lors de cette visite un Directeur de la société affirme qu'elle ne manque absolument pas d'argent tout en confirmant que la SNIM a bien déboursé le montant en question. Il continue en expliquant que ceci est normal car la SNIM est déjà intervenu par le passé dans de grands projets nationaux.

Les propos du Directeur appellent les commentaires suivants:

* Premièrement, si la société n'a pas de souci de trésorerie, on ne comprends pas pourquoi elle fait appel à la SNIM pour lui fournir de la liquidité.

* Deuxièmement, la SNIM n'est pas une Banque et son rôle n'est certainement pas d'en devenir une.

* Troisièmement, le fait que la SNIM soit intervenu par la passé dans des projets nationaux ne justifie en rien qu'elle renfloue aujourd'hui une société privé, qui de plus clame haut et fort ne pas en avoir besoin?

Aidez-moi, j'y perds mon latin! Vous y comprenez quelque chose vous? Ou bien on se moque de nous tout simplement?!!!


* Pour ceux que cela intéresse ce calcul est fait sur la base de l'évaluation économique de la valeur des montants payables dans le futur au temp t0 (P=F/(1+i)^n). P est la valeur actuelle, F est la valeur future, i est le nombre d'année et n est le taux d'intérêt.

Mauritanie: citoyens, presse et ésprit critique

La Mauritanie est vraiment un pays intéressant. La plupart du temps, ceux qui nous gouvernent, que ce soit par les armes ou par l'argent, ne daignent même pas nous informer des décisions qu'ils prennent tous les jours, à notre nom. Et lorsque l'une de ces décisions arrivent à nos oreilles par une indiscrétion quelconque, ils continuent, eux, à faire la sourde oreille.

De temps en temps, et ce depuis la révolution des technologies de l'information, ils daignent descendre de leurs piédestal et nous jettent quelques réponses en pâture. Vous avez tous vu les show médiatiques du Président des pauvres ou les journalistes posent toutes les questions qu'ils souhaitent... Mais une fois les questions posées, leur micro est coupé! Le Boss peut ainsi répondre ce qu'il veut et ignorer ce qu'il veut et même railler le pauvre journaliste sans que celui-ci ne puisse répondre quoi que ce soit. Son rôle est terminé 'el ghaya ewvat'.Mais ceci n'est pas mon propos aujourd'hui! Ce qui me choque, aujourd'hui et je ne suis certainement pas le seul c'est la réponse de la société Najah à la polémique du contrat avec la SNIM. Cette société invite quelques journalistes à visiter le chantier de l'aéroport international qu'elle construit. A l'occasion, son directeur jette quelques infos à nos journalistes en manque. Toujours, rien à signaler. Seulement voilà, les infos que ce généreux Directeur donnent sont décousues, contradictoires et n'ont aucun sens! Cependant, nos gentils journalistes nous les livrent sans la moindre mise en garde; sans la moindre critique comme apparemment, ils les ont gobés eux-mêmes.

Le Directeur dis d'abord que 'non, la société Najah (succès) n'a aucun problème financier. Oui, elle a signé un accord avec la SNIM'. Très bien. Ensuite, il affirme que l'accord de son entreprise avec la SNIM est normal car 'la SNIM est intervenu souvent par le passé dans de grands projets nationaux.

STOP!!! Vous faites mal à nos cervelles!!!

D'abord si votre société n'a pas de problèmes financiers, pourquoi prendre à la SNIM 15 Milliards dont elle a certainement besoin, elle. De plus, depuis quand la SNIM est une banque? Notons, que vous parlez vaguement 'd'accord', peut-être que ce n'est même pas un prêt? La SNIM, donc l'état, donc chacun de nous, ne verront peut-être plus la couleur de cet argent.

Par ailleurs, ici, il ne s'agit pas d'un projet national!! Il s'agit d'un contrat confié à une entreprise privée, en gré à gré. Elle se doit de le finir sans pomper l'argent de la SNIM qui est mon argent et celui du berger à l'Est de Oualata!

Ensuite, d'un point de vue raisonnement pur. Le fait que la SNIM soit intervenu par le passé dans des projets, à tord ou à raison, ne signifie pas qu'elle doit continuer de le faire. Des erreurs ont été commises dans le passé. Soit. Il faut arrêter d'en faire des similaires. Sinon comment voulez-vous que notre pays apprenne de ses erreurs et avance sur la voie de la justice et du développement? Si nous suivons le raisonnement du Directeur: il y a eu des détournement de fonds en Mauritanie, dans le passé, continuons à le faire ... il y a eu des coup d'état en Mauritanie dans le passé; continuons à en faire.

Non, Monsieur le Directeur, votre accord ne devient pas quelque chose de 'normal' car la SNIM en a fait des similaires par le passé. Loin s'en faut. Votre conclusion ne découle pas de vos prémisses!

Ensuite le Directeur nous apprends que son entreprise n'a reçu que 25% du financement du projet sous forme de terrains qu'elle a vendu pour 2 Milliards d'Ouguiyas.

STOOOOP!!! Encore; votre société n'a pas de problèmes financiers. N'est-ce pas? Abana! Alors qu'elle aie reçu 25% ou rien du tout, on s'en fout. Vous avez ce qu'il faut pour faire le travail. Allez-y, faites-le. Ou bien dites nous honnêtement que votre entreprise a des problèmes. Auquel cas on serait éventuellement prêt à écouter vos lamentations. Mais ce n'est pas le cas. Non? C'est à y perdre son latin.

Quand même, merci pour l'info!!! Mais ne serait-il pas plus transparent de nous montrer l'accord qui vous lie à l'état. Nous, on n'en sait rien. Nous n'avons que votre parole que nous voudrions bien croire mais ce serait quand même mieux de nous montrer des documents qui l'appuient. Vous avez vendu, dites vous, les terrains pour 2 Milliards, qui nous dis que ce n'est pas 10 ou 20 Milliards? Kham? Vous nous dites que ce montant (2 Milliards) correspond à 25% du montant total du projet qui s'élève donc à 8 Milliards. Pourquoi la SNIM vous en donne-t-elle 15 (quinze)???

Ensuite, le Directeur nous apprends, qu'ils ont réalisé 65% des travaux avec les 25% du financement qu'ils ont reçu sous forme de terrains. Oui c'est bien ça, avec les 25%, c'est ce qu'il nous dis. Quel bénéfice? Si l'on extrapole un peu ... voyons ... vous allez terminer les travaux avec 38% du montant total soit un bénéfice net de 62%!!! Félicitations.

Je comprends, maintenant pourquoi nos gouvernant préfèrent se taire car lorsqu'ils parlent, ils révèlent beaucoup plus qu'ils ne le voulaient. La communication n'est pas un exercice facile, surtout lorsqu'il s'agit de dossier obscures. Merci pour votre effort quand même, Monsieur le Directeur. Allez, sans rancune!

dimanche 7 juillet 2013

Lectures dans nos mentalités rétrogrades promus par certains de nos 'intellectuels' les plus en vue.

J'ai lu récemment un article paru sur un blog illustre à la suite de la visite du Président de la République au Trarza. Je ne pu m'empêcher de sursauter au détour de chaque phrase. Si nos élites qui doivent éclairer la société pensent ainsi que Dieux nous vienne en aide (Allah Yel6ef).

Le Président aurait réagi immédiatement pour satisfaire les doléances de la population dans la “minute qui suit”. Ainsi la ville de Mederdra demande une ambulance, il y'en a une qui arrive immédiatement, illico presto, comme par magie. Mederdra demande que l'électricité soit fourni 24/24 au lieu des 16 heures actuelle et l'ordre est immédiatement donnée pour que ce soit fait.

Puis tout d'un coup le Président se met à 's'exciter' pour le grand canal d'irrigation de Keur Macène, 'ce grand projet structurant”. 

Ailleurs, une femme approche le Président pour lui expliquer la situation difficile de son fils et voilà que l'Etat, en la personne du Président, décide sur le champ de le prendre en charge. Quelle belle politique de développent pour notre pays.Chers citoyens dormez tranquilles, son excellence veille au grain.

Votre fils bien aimé est atteint d'une maladie grave et vous n'avez pas un rond pour le prendre en charge? Relax... Restez Zen... Attendez la prochaine visitation de son Excellence dans votre région... Postez-vous en embuscade...

Expliquez-lui la situation et hop l'Etat fera le nécessaire. L'essentiel c'est de rester calme et d'attendre la prochaine grande messe, la prochaine visitation...Pour les autres milliers d'enfants qui meurent de maladies diarrhéique soignable par une simple solution salée-sucrée buvable, puifff. Ce n'est pas très photogénique... Cela ne fait pas un bel article qui démontre les grandes qualités de cœur de notre leader bien aimé.

Votre dispensaire manque d'une ambulance? Relax... Restez Zen... Attendez la prochaine visitation... Vous connaissez la suite. Pour les dizaines d'autres centre de santé qui manquent eux aussi d'ambulances et de tas d'autres choses, vous savez ce qu'il vous reste affaire. Attendez la prochaine visitation...

J'en ai un haut-le-cœur, non seulement parce que ce qui nous tient de politique de développement se limite à l'anecdote, au fait divers, mais également parce que ceux qui forment l'opinion, ou qui sont censé le faire, nous présentent ces haut-faits comme des merveilles... Allah Yel6ef!

L'électricité est fourni de façon temporaire dans votre patelin? Relax... Restez Zen... Attendez.... Il n'y aura aucun besoin de faire une étude de faisabilité. Il n'y aura aucun besoin de voir l'importance et l'urgence d'une telle décision par rapport aux nombreux besoins de ce pays à l'écart de la marche du monde.

Une décision sera prise sur le champ et les ordres données au Ministre concerné qui s’exécutera sur le champ... Au garde à vous. Et nos élites intellectuelles présenterons ceci comme la sagesse suprême: "doléances satisfaites!"

Un groupe d'agriculteurs creusent, à leurs frais, un canal de quelques kilomètres comme il y'en a des centaines dans la Chemama. Un projet qui du reste est contesté par les éleveurs de la régions qui n'auront plus nulle part ou faire paître leurs cheptel. Et voilà son Excellence qui 's'excite' (terme utilisé par notre écrivain de renom). Voilà un projet structurant. Voilà quelque chose de grandiose à l'image de son Excellence. 

Vous avez tout le soutien de la République! Et que les éleveurs aillent voir ailleurs. Qu'ils nous laissent bâtir ce pays à coup de projets structurants! De"grand canaux" de quelques kilomètres de long et de 5 mètres de larges et de 1 mètre de profondeur. La muraille de Chine à côté c'est du jeu d'enfant. Je vous l'ai dis, cher citoyens, vous pouvez vous endormir tranquillement, le pays est entre de bonnes mains et nos brillantes élites nous le font savoir par écrit et l'écrit reste (elkhe6u yeb8a zemanen...)

Je ne sais pas pour vous, mais moi tout ceci me donne envie d'aller au fin fond du désert, le plus loin possible, au cœur de la civilisation de l'oralité. Les écrits me donnent la nausée ces jours-ci. En tous cas aller dans un endroit ou je n'entend plus que le bruit du vent dans les acacias. Un endroit ou la seule lecture est celle du grand livre de la nature. En tous cas un endroit ou il n'y a pas TVM, RM, Blog-M.

lundi 26 novembre 2012

La lumière du soleil est le meilleur désinfectant

Gaal Lalwa:

sunlight is the best disinfectant. La lumière du soleil est le meilleur désinfectant. "ضوء الشمس هو أفضل مطهر"

Cette phrase célèbre d'un président de la cour suprême des États-Unis devrait guider une bonne partie de nos actions. En tant qu'"activistes", nous devons nous efforcer d'ouvrir les portes et les fenêtres pour que la lumière du soleil inonde l'antre obscure du pouvoir.

Nous lançons un appel pour que tout un chacun participe davantage à l'éclairage de l'activité des autorités actuelles et futurs. Mais aussi l'activité de la classe politique dans son ensemble qu'elle soit de la majorité ou de l'opposition.

Ne trouvez-vous pas étrange, par exemple, que le journal officiel de la République Islamique de Mauritanie ne soit pas disponible sur Internet, aujourd'hui, au 21è siècle? Ne trouver-vous pas incroyable qu'il n'y ait pas de site web hébergeant une base de données de la législation mauritanienne?

Essayer de vous procurer la version officielle d'un texte de loi quelconque de la République et vous ne trouverez rien de valable sur la toile. Pas un site officiel.

Afin de contribuer, nous souhaitons lancer une démarche dans ce sens: militer pour une loi sur la transparence de la gestion de la "chose publique". Cette loi devrait garantir l'accès à l'information pour tout citoyen mauritanien qui en fait la demande. Elle doit également, obliger le gouvernement à publier une grande partie des documents de base de son action.

Nous vous appelons tous à contribuer avec nous à la création d'une telle loi. Il ne suffit pas de critiquer, il faut proposer. Rejoignez-nous pour ce projet: sur Facebook (http://www.facebook.com/lalwa.lalwa) et sur twitter (https://twitter.com/lalwalalwa).

Echgueltu entume?

dimanche 25 novembre 2012

La diffusion de l’accueil du Président de la République, le 24 Novembre 2012, par l’audiovisuel public est-il légal ?

Gaal Lalwa:



A la lecture de la loi n°045-2010 du 26 Juillet 2010 relative à la communication audiovisuelle on peu en douter. Pour preuve :

Article 45 : (…) Les entreprises publiques de l’audiovisuel :

-       proposent une programmation de référence généraliste et diversifiée à l’intention du public le plus large, dans le cadre de la civilisation islamique, arabe, africaine et des valeurs de démocratie, de liberté, de pluralisme, d’ouverture, de tolérance et de modernité. (…) [Souligné par l’auteur].

La couverture de cet évènement national, certes important, n’a respecté ni la lettre, ni l’esprit de la loi. Le journal de la TVM du 24 novembre 2012 à 20 heures, par exemple, n’a pas respecté les valeurs citées par la loi.

La démocratie : dans quel démocratie au monde, un média publique, consacre des dizaines de minutes de son journal principal au retour du chef de l’Etat au pays après un voyage privé ?

Le pluralisme, ouverture et tolérance : Les commentaires, par exemple, des journalistes de Radio - Mauritanie qui ont couvert l’évènement en direct ont été tout sauf un exemple de respect du pluralisme de l’ouverture et de la tolérance. Les journalistes, dans les différentes langues, ont rivalisé de zèle pour chanter les louanges du chef de l’état et déverser les critiques les plus acerbes à l’opposition démocratique.

La modernité : Les médias publics dans les états modernes ont depuis belle lurette abandonnée la couverture des voyages des chefs d’états. C’est tout juste s’ils y font une brève allusion lorsqu’il s’agit d’un voyage officiel important. Que dire lorsque notre télévision nationale diffuse pendant des dizaines de minutes des images de la foule venue accueillir le chef de l’état accompagnées de chansons à ses louanges ? Le moins que l’on puisse dire est que nous sommes bien loin de la modernité.

Le Président de la République n’avait certainement pas besoin de tout cela et ceux qui, par excès de zèle, le font sont loin de lui rendre service.

Gaal Ajana: Intéréssant.

Echguettu entume?

mardi 20 novembre 2012

Manifeste pour un état de droit en République Islamique de Mauritanie.

Gaal Lalwa:

La Mauritanie est malade. Appelons le Docteur à son chevet. De nombreux médecins se sont déjà penchés sur son cas et leurs ordonnances sont différentes. Les uns demandent que le Président parte, les autres demandent que le Président reste et les autres ne savent pas sur quel pied danser. ignorantus ignoranta ignorantum. Tous nos problèmes apparents ne sont que les symptômes d’un mal profond.

Mes amis, je vous le dis, la racine de notre mal c’est l’absence d’un véritable Etat : une République des Institutions, un Etat de droit. Un état qui ne soit pas personnifié à l’extrême. Un état ou les règles du jeu, toutes les règles du jeu, sont exprimées dans un langage clair et sont appliquées à tous et à toutes sans discrimination aucune.

Heureusement ce mal est curable et son traitement est connu et disponible. Cependant, la cure est généralement de longue durée et la discipline du malade est primordiale pour la guérison totale et sans séquelles. Mais l’enjeu n’en vaut-il pas la chandelle ? L’Etat de droit n’est certainement pas une panacée et sa mise en place est loin d’être facile.

De plus, la construction d’un Etat de droit ne constitue, malheureusement pas, un objectif politiquement lucratif à cause justement de la durée nécessaire qui dépasse largement la durée d’un mandat électif. De plus, le résultat est moins concret que bien d’autres actions : la construction de routes, par exemple. Ceci ne veut pas dire qu’il faut arrêter de faire des choses concrètes. Loin de la. Il faut certainement de bonnes routes. Le problème c’est que sans un Etat de droit, les efforts de développement risquent de rester vains.

Continuons avec l’exemple des routes. Sans un véritable Etat de droit :

1. Il y’aura des pots de vin, des dessous de table et des détournements à tous les stades du processus : de l’appel d’offres à la réception de l’ouvrage.

2. Le népotisme et le trafic d’influence caractériseront tout le projet. Au lieu d’engager les compétences nécessaires, on engagera les parents de X ou de Y qui sont aux postes clés de l’administration.

3. L’incivisme ruinera le travail car les personnes doivent plus leur place au parent bien placé qu’à leur mérite et à leur abnégation. L’entrepreneur ne se souciera pas de la qualité du travail car il a gagné le marché sur la base de ses prestations occultes plutôt que sur la valeur de son offre technique et financière.

4. Le contrôleur laissera passer des malfaçons grosses comme des camions : par ignorance car il a été recruté pour faire plaisir à un haut fonctionnaire plutôt que sur la base de ses connaissances dans le domaine (résultat du népotisme) ; en fermant les yeux moyennant des dessous de table (résultat de la corruption) ; ou par simple laxisme et je-m’en-foutisme (résultat de l’incivisme).

Au finish : la population locale profitera moins de la manne financière du projet et le pays se retrouvera avec une route de mauvaise qualité qui ne durera pas et nous et nos enfants devrons payer une dette sans commune mesure avec le bénéfice réelle.

Nous lançons, ici, un appel solennel à toutes les bonnes volontés de ce pays pour contribuer avec nous à la création d’un véritable état de droit en République Islamique de Mauritanie. Pour cela :

1. Rejoignez-nous : Sur Facebook : http://www.facebook.com/lalwa.lalwa

Sur Twitter : https://twitter.com/lalwalalwa;

Par email : lalwa.rim@gmail.com. Notre nombre fait partie de notre stratégie. Le plus nombreux nous sommes le plus fort on sera ;

2. Donnez votre avis, vos idées, vos suggestions et vos encouragements. Ils sont fondamentaux pour la réussite du projet ;

3. Parlez-en à votre entourage social et professionnel. Semez la bonne graine. Diffusez la bonne parole.

Fait à Nouakchott, le 20 Novembre 2012.

Gaal Ajana:

Très intéressant.

Echgueltu entume?

lundi 12 novembre 2012

La Mauritanie, l'Azawad et Monsieur Breidelleil

Gaal Abdou1998:


Je n’ai ni la patience ni le temps de Monsieur Mohamed Yehdhih Ould Breidelleil. Cependant, je n’ai pas pus m’empêcher de vous livrer ma réaction à la série d’articles qu’il a publié récemment sous le titre « La Mauritanie et l’Azawad ». Car je crois sincèrement que ces articles incendiaires sont véritablement dangereux aussi bien pour la Mauritanie que pour ces voisins.

Ils sont d’autant plus dangereux que l’auteur est considéré par beaucoup comme un intellectuel d’envergure. De plus, il a certainement ses entrées au sein du pouvoir.

Je suis totalement conscient de l’inégalité des « armes » entre un intellectuel reconnu et un simple quidam qui de plus est écrit sous un pseudonyme. Mais je suis le hadith qui nous demande de changer le « mounkar » par les moyens dont on dispose même les plus dérisoires et c’est « l’iman » le plus faible.

J’aurais certainement put polir ce texte et l’agrémenter de références mais par paresse et par manque de temps je vous le livre tel quel tout en en espérant votre indulgence pour la forme et tout en vous exhortant à vous concentrer sur le fond. Sur le fond mon message est simple, à l’heure actuelle toute atomisation supplémentaire de nos pays ne peut que nous apporter malheur sur malheur. Travaillons, au contraire tous, a plus d’unité et de solidarité à la fois à l’intérieur de chacun de nos pays respectifs et entre nos pays eux-mêmes.

Ceci étant dit voici ma lecture critique du texte de monsieur Ould Breidelleil :

L’auteur ne déroge pas à sa tradition de citer à outrance des individus disparus depuis bien longtemps. Cet argument d’autorité est très présent chez notre auteur qui en nous submergeant de citations tente de nous « minimiser » devant tant d’illustres « ancêtres ». Nous ne pouvons qu’acquiescer et dire : « hah wallahi », quel érudit, cet argumentaire doit être impeccable et ses conclusions imparables. Or pas si vite, essayons de comprendre et de juger sur pièce, éditons le texte pour supprimer tous les noms qui risquent de nous intimider et essayons de déterminer la validité de l’argumentaire en lui-même.

Le fait que Coppolani ait visité l’Azawad avant de conquérir la Mauritanie est donné comme preuve que la Mauritanie ne peut ignorer l’Azawad. Excellent, bon point. Mais avait-on besoin de tant de détour pour dire qu’un pays, n’importe quel pays est d’abord lié par la géographie. La Mauritanie ne peut nullement ignorer sa position géographique. Pour cela, elle ne peut pas ignorer le Mali (y compris l’Azawad), pas plus qu’elle ne peut ignorer ses autres voisins du Sud et du Nord.

L’auteur fait des détours dans tous les sens pour arriver à sa conclusion et il faut parfois s’armer de courage pour avaler ces digressions en les marquant au feutre rouge comme simplement « hors sujet ».

Durant l’un de ses détours l’auteur nous dit tout le bien qu’il pense de la politique. Ce n’est rien de moins qu’une fée, pour lui. Revenons aux sources : c’est quoi la politique, c’est quoi cette fée ?

Permettons nous, tout d’abord, de rappeler à l’auteur tous le mal que pensent ses compatriotes de la politique, la fameuse « beletig » mais il pense certainement à autre chose lorsqu’il dit que la politique se situe au summum de la production intellectuelle humaine. Je me permets humblement d’exprimer mon désaccord. Pour ma part, je considère la science, et à sa base, la méthode scientifique comme le summum de la production intellectuelle. Mais ceci est une opinion que j’ai déjà exprimé ailleurs (voir Cridem).

C’est quoi la politique, c’est quoi cette fée, donc ? Sans trop se compliquer la vie nous pouvons dire que la politique est l’art, certains dirons la science, de gouverner. Elle est concernée d’abord par la détention du pouvoir donc de la force et les moyens d’y accéder. En ce sens, la politique est plus une pratique qu’une production intellectuelle. La stratégie est certainement la production intellectuelle la plus utile aux politiques. Mais ce n’est déjà plus de la politique en tant que telle.

L’auteur se lance ensuite dans une diatribe enflammée pour glorifier le politique qui travaille corps et âme pour améliorer le sort de nous-autres quidams inconscients et ignorants. Mais ou donc a-t-il vu ce personnage hors du commun ! Je rêve ! Nous n’avons jamais vu que des individus souvent peut recommandable assoiffés de puissance, de pouvoir et d’argent utiliser ce genre de discours pour nous rendre encore plus ignorants, plus pauvres et plus « quidam » qu’on ne l’était déjà. Pour un « Madiba » combien y’a-t-il de politiciens véreux sous le soleil ?

L’auteur passe ensuite imperceptiblement à notre politique locale actuelle et récente pour lancer des pics à l’opposition non dialoguiste. Il passe ainsi de ce qu’il appelle « la politique contenu » à ce que nous appelons tous de « la politique politicienne ». Il suffit ici de constater que notre cher auteur a distribué ces remarques assassines à tous les pouvoirs successif et à leurs oppositions en s’arrêtant net un 6 Août 2008. Y’a-t-il là anguille sous roche ? Hum !!!

Je ne pus que me délecter du paragraphe suivant : « L’autre fait, autrement plus déterminant et qu’on ne peut élaguer par l’oubli, est qu’on a toutes les peines du monde à croire et à démontrer que les membres du Comité Militaire, étaient unanimes pour instaurer la démocratie et céder le pouvoir à des civils. Cette assertion est valable, jusqu’à preuve du contraire, lorsque Moaouiya Ould Taya a instauré, en 1991, le pluralisme. » La question qui se pose alors : cette assertion est-elle encore valable en ce mois d’Août 2012 ? Je donnerais bien mes habits de la fête pour savoir la réponse de l’auteur.

Mais nous nous égarons, à la suite de notre cher auteur, revenons à nos moutons. Revenons à « la Mauritanie et l’Azawad ».

L’argumentaire de l’auteur reprend alors le fil du sujet. Le « territoire maure » aurait été divisé par le colonisateur. Arrêtons de nous regarder le nombril. Oui le colonisateur a divisé les maures entre plusieurs pays. Ceci est un fait indéniable. Mais c’est bien ce qu’il a fait pour toutes les ethnies africaines. Je dis bien toutes ! Donner moi un seul contre exemple et je vous donne mes habits de la fête d’El Fitr.

Vouloir aller vers l’indépendance de l’Azawad ou de toute autre communauté ethnique est un suicide. C’est un combat d’arrière garde qui n’a aucune raison d’être. Prôner l’indépendance de quelques centaines de milliers d’individu dans un territoire désertique, enclavé et pauvre est un non-sens absolu !

D’ailleurs l’Azawad a-t-il l’homogénéité ethnique à laquelle l’auteur veut nous faire croire. A y regarder de plus prêt cette homogénéité n’existe pas, loin s’en faut. Il y’a les « Touaregs » ; « les Arabes », « les Songhais », et bien d’autres groupes ethniques encore. L’azawad, que notre auteur souhaite être indépendant, ne risque-t-il pas de connaître des tensions interethniques dès que son indépendance a été proclamée ? N’est-ce pas déjà le cas en ce moment même ou on voit des groupes issus des « arabes » de l’Azawad s’organiser pour contrer l’hégémonie grandissante des Touaregs ?

L’intangibilité des frontières issus de la colonisation est un principe sage et le bafouer reviendrait à ouvrir la boite de Pandore. Nul ne sait ce qui en sortira. Ne soyons pas naïfs. Oui les frontières issues de la colonisation sont loin d’être idéales mais c’est tous ce que nous avons. Si nous touchons à l’intégrité territoriale du Mali. Nous menacerons automatiquement l’intégrité territoriale des tous les pays de la région, y compris le notre.

Il est beaucoup plus judicieux, à mon avis, de travailler à l’intégration sous-régionale plutôt que de militer pour une atomisation d’états déjà faibles. La tendance au regroupement est une nécessité des temps modernes et tous les ensembles sous-régionaux et régionaux l’ont compris et travaillent dans ce sens.

Il ne sert alors à rien de réveiller les vieux démons et de vouloir réécrire l’histoire. L’Histoire est ce qu’elle est et nous en sommes aujourd’hui là ou on est. Il est bien plus judicieux et profitables pour tous de s’atteler à la tâche autrement plus glorieuse d’apprendre ou réapprendre à vivre ensemble en bonne intelligence avec tous nos voisins. Et commençons par éviter de s’immiscer dans leurs affaires intérieures.

L’affaire de la sécession de l’Azawad est une affaire intérieure Malienne. Nous devons la traiter en tant que tel et aider, dans la mesure du possible, nos frère Maliens à s’asseoir autour d’une table et à discuter de leur avenir ensemble. Faute de quoi un troisième larron, déjà bien présent dans la région, nous devanceras tous et tirera seul les marrons du feu et les consommera tranquillement sur notre dos.

Le problème qui se pose en ce moment est un problème qui se pose, au moins de manière latente, dans tous les pays de la région. Il n’est certainement pas chevaleresque de mettre les Maliens devant leur responsabilité et oublier les nôtres. Nous devons tous nous rendre à l’évidence et essayer de vivre en harmonie avec toutes les composantes ethniques, divisés par des frontières coloniales arbitraires, qui composent chacun de nos pays. L’indépendance n’est certainement pas la solution au problème. Elle ne l’est certainement pas plus pour l’Azawad malien que pour toutes les autres « Azawads » en puissance dans la région.

Vous le dites vous-même « Un pays est d'abord fondé sur une volonté des diverses parties de coexister, de vivre ensemble dans la paix. » Faisons tous, tout notre possible pour construire et raffermir cette volonté. Au lieu de vouloir résoudre l’injustice des frontières coloniales en créant de nouvelles frontières (de nouvelles indépendances). Luttons plutôt à dissoudre petit à petit ces frontières coloniales en construisant des ensembles globaux qui auront une chance de survie dans un monde de plus en plus complexe et globalisé.

L’indépendance du Sud Soudan est certainement un précédent regrettable mais ce n’est certainement pas l’exemple à suivre. Quelle idée de vouloir atomiser l’Afrique davantage alors que tous les autres continents travaillent à leur intégration. Sommes-nous la victime d’une malédiction historique à toujours marcher à reculons là ou les autres avancent à grands pas vers plus de progrès et de prospérité ?

Enfin, l’auteur nous montre à plusieurs reprises son manque de respect absolu par ce qu’il appelle « le peuple ». Pour lui, la salvation viendrait des experts, de « ceux qui savent » plutôt que des « masses ignorantes ». Cette approche que les Anglo-saxons qualifient de « top-down » a démontré son inefficacité dans les temps modernes. Elle a échoué dans le bloc soviétique et les économies dirigistes. Elle a échoué dans les pays arabes ayant adopté le socialisme dans ces différentes nuances, y compris le « Ba'athism». Nous n’en avons pas besoin chez nous.

Dans le monde actuel de l’informatique et de l’Internet, une autre démarche se révèle beaucoup plus avantageuse. C’est la démarche qualifiée de « bottom-up ». Faire confiance au « peuples », à la sagesse des foules (wisdom of the crowd) et ne surtout pas laisser notre devenir à tous aux mains de quelques-uns fussent-ils « des sages ».

Echgueltu Entume?